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Edito 180, mai 2026 : "Le pluralisme en bibliothèque"

cop. usmu.ac.id

Le pluralisme en bibliothèque est un sujet en pleine actualité, même s’il n’apparait pas toujours avec cette terminologie : on va parler plus couramment de censure, de pression (politique, économique), de livres bannis (d’où le mouvement « banned books » aux Etats-Unis qui voit la censure de milliers d’ouvrages dans les bibliothèques et les librairies américaines), de propagande. C’est un thème abordé régulièrement dans les journées d’études et congrès professionnels, notamment par l’Association des bibliothécaires de France (ABF) qui en a fait un de ses thèmes de bataille. C’est un sujet d’actualité également en rapport avec les dernières élections municipales qui voient certaines villes avec des élus extrémistes intervenant directement dans les collections ou les animations des bibliothèques (ce fut le cas à Fréjus il y a une vingtaine d’années). Le monde du livre et de l’édition est également touché avec la prise en main des Editions Grasset par le groupe Bolloré avec l’éviction de son directeur Olivier Nora.

La Journée départementale de la lecture publique organisée le 9 avril dernier à Rennes par la Médiathèque d’Ille-et-Vilaine avait pour sujet : « Y a-t-il des limites au pluralisme en bibliothèque ? », rassemblant une centaine de bibliothécaires autour de tables rondes et d’ateliers. Furent rappelés un certain nombre de textes et de dispositions réglementaires qui permettent aux professionnels de réagir efficacement en cas de censure ou de pression. Cette assertion de l’ABF en 1998 est toujours actuelle :  « … le pluralisme consiste, non pas à utiliser la bibliothèque comme instrument de propagande, mais à assurer la représentation de la plus grande variété possible de sujets, de cultures, d’auteurs, de styles…, il concourt grâce à une information multiple à développer le sens critique du lecteur et non à l’embrigader. » La loi Robert de 2021 sur les bibliothèques et le développement de la lecture publique érige le pluralisme en principe général en s’appuyant sur plusieurs textes fondamentaux : la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (articles 4 et 11) ; la Constitution (articles 7 et 72) ; le Code de la Fonction publique et l’obligation de neutralité des agents publics ; d’autres textes tels le Manifeste de l’IFLA-UNESCO 2022, le Code éthique de l’IFLA ou le  Code de déontologie des bibliothécaires publié par l’ABF. Fut souligné également que la bibliothèque doit rendre publique sa politique documentaire en matière d’achats de documents et de ressources, selon les critères choisis.

Ainsi, cette manifestation annuelle s’est avérée essentielle par son actualité, mais également en donnant des pistes de réflexion aux bibliothécaires présents : ils en sortent mieux outillés pour assurer leur avenir et celui des bibliothèques.

Jean-Philippe Accart

Bibliographie

-Lahary, Dominique, 2025, « Neutralité, pluralisme et responsabilité des bibliothécaires « . [En ligne], adresse URL : Neutralité, pluralisme et responsabilité des bibliothécaires « DLog (supplt à www.lahary.fr/pro) ; [consulté le 19 avril 2026].

-Manifeste IFLA-Unesco sur la bibliothèque publique, 2022, [En ligne], adresse URL :  manifeste_IFLA-UNESCO.pdf ; [consulté le 19 avril 2026].

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