Analyses d'ouvrages

2011 : L’IST dans l’univers numérique

 

ist/ coord. Par Chérifa Boulkacem- Zghmouri, Paris, Editions de l'ADBS, 2010.

L'information scientifique et technique dans l'univers numérique : mesures et usages = Academic Online Resources: Usage and Assessment. Actes du / Colloque international « Ressources électroniques académiques : mesures et usages », Lille, 26-27 novembre 2009 ; coord. par Chérifa Boukacem-Zeghmouri ; préf. de Carol Tenopir. - Paris : ADBS Éditions, 2010. - 319 p. - (Sciences et techniques de l'information, ISSN 1762-8288). - ISBN 978-2-84365-123-6 : 27 €

Comme l'indique Carol Tenopir (Université du Tennessee) dans la préface à ces Actes, le monde universitaire n'a jamais eu accès à autant de sources d'information que maintenant, avec de nombreuses possibilités de recherche dans et hors l'université. Les bibliothèques jouent donc un rôle majeur dans la sélection de l'information, avec le souci d'une bonne gestion budgétaire : en période de restriction financière, le défi est important et relève de la gageure. D'autres modèles économiques sont mis en place tels les dépôts institutionnels, ou le paiement à l'article.

Les différentes contributions de ce Colloque international tenu en 2009 à Lille tentent de répondre - souvent avec bonheur - aux questions suivantes :

  • - Comment mesurer l'usage qui est fait des ressources en ligne?
  • - Ces ressources apportent-elles une réelle valeur aux travaux scientifiques?
  • - Quel est le meilleur modèle économique pour les publications scientifiques?
  • - Quels outils les bibliothécaires peuvent-ils employer pour construire de solides collections électroniques et les maintenir?

Chérifa Boukacem-Zeghmouri (Université de Lille 3 - Geriico), par ailleurs éditrice scientifique de ces Actes, montre combien la communication scientifique est amplifiée par le numérique, elle mentionne l'importance de l'évaluation et le rôle des bibliothèques, au cœur du débat. Après un aperçu significatif et un portrait des « consommateurs numériques » scientifiques par David Nicholas (University College of London), Helle Lauridsen (Serial Solutions) aborde la question de l'usage des statistiques des bibliothèques et la méthode ROI (Return on Investment) en démontrant qu'il est possible d'inverser le processus de l'augmentation des dépenses documentaires. Viennent ensuite deux possibilités d'évaluation : l'une par les citations en Open Acces (Manuel Durand-Barthes, URFIST) et l'autre par l'exemple spécifique des chercheurs japonais en oncologie (Tomoko Tsuchiya, Waseda University).

Comment mesurer l'usage de l'information scientifique et technique ? : auparavant, il suffisait d'interroger le catalogue et les bases de données de la bibliothèque. Aujourd'hui, la mesure se fait souvent par le nombre de « hits » d'interrogation. Mais d'autres techniques plus sophistiquées le permettent également. Pierre Carbone (Inspection générale des bibliothèques) souligne la difficulté d'évaluer les usages et les bibliothèques d'une manière holistique, la bibliothèque étant à la fois matérielle et virtuelle (emprunter un ouvrage se compare-t-il au fait de cliquer sur un résultat de recherche ?). Thibaud Hulin (Université de Franche-Comté) propose d'analyser les « traces d'activités pour évaluer les ressources électroniques» tandis que Dominique Rouger (Université Jean Monnet de Saint-Etienne) expose la technique des requêtes planifiées (TRP) et COUNTER qui permet le décompte de l'usage des revues électroniques. Magali Colin et Dominique Lechaudel (INIST-CNRS) analysent comment se mesurent les ressources électroniques du portail du CNRS.

Viennent ensuite des aspects plus techniques, inévitables quand on aborde la question des usages et donc des statistiques : Joachim Schöpfel (Université Lille 3) et Hélène Prost (INIST-CNRS) dressent un état de l'art de la consultation des archives ouvertes, suivis par Ulrich Herb (Saarland University) pour les statistiques de l'Open Access, puis Marco Van Veller et Wouter Gerritsma (Wageningen UR Library) par rapport à l'analyse bibliométrique des dépôts d'archives en vue d'une évaluation de la recherche. Benoît Pauwels (Université libre de Bruxelles) détaille ensuite l'aspect « métadonnées » jusqu'ici peu évoqué. Et Emma Besten (Doctorante en sciences de l'information) et Pierre Mounier (Clio/Revues.org) étudient plus particulièrement le cas de Revues.org.

La fin de ces Actes est plus particulièrement consacrée à des pratiques et usages spécifiques en bibliothèque universitaire, tels les e-books avec un états des lieux en France et quelques comparaisons étrangères par trois professionnelles, Emilie Barthet (Consortium Couperin), Caroline Bruley (Université de Saint Etienne) et Claire N'Guyen (BIUM - Paris). C. Boukacem-Zeghmouri déjà citée parle des e-books en mathématiques, et revient sur l'usage des ressources électroniques en Algérie et en Tunisie avec Abd-Allah Abdi (BU d'Alger) et Mohammed Ben Romdhane (Institut supérieur de documentation de Tunis).

L'intérêt de cet ouvrage qui présente les résultats de recherches récentes, est d'associer un certain nombre d'acteurs de l'IST, chercheurs, éditeurs, bibliothécaires, agences d'abonnements... Ils présentent tous les mêmes préoccupations, surtout économiques par rapport à l'intégration et à l'évaluation des ressources électroniques en bibliothèques et services d'information.

Critique parue dans Documentaliste, sciences de l'information, 2011, vol. 48, 1, 77.

cop. JP Accart, sept. 2011

 

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