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Une société où l'on s'expose en permanence (3 mars 2020), mon blog à la Tribune de Genève

La société d'exposition

C'est l'objet du dernier ouvrage publié par Bernard E. Harcourt et l'actualité récente en est la preuve flagrante. Tout un chacun livre ses secrets sans vraiment en avoir conscience, grâce aux traces laissées sur nos tablettes, ordinateurs et autres smartphones. Le moteur principal de ce dévoilement intime est, d'après l'auteur, le plaisir. Bernard E. Harcourt est philosophe, de nationalité franco-américaine. Il est professeur de droit et de philosophie politique à Columbia University, à New York, et directeur d’études à l’EHESS, à Paris.

Pour vivre heureux, vivons... exposés… et cela rend les individus heureux (certains) : le réseau social Instagram en est la preuve flagrante. À l’ère numérique, livrer en pâture les moindres recoins de sa vie privée sur Facebook, Twitter ou Instagram, permet de jouir d'une certaine "aura" numérique. L'auteur détaille pour nous ce lien entre une exposition constante et le plaisir qu'il procure... et c'est passionnant. Sera-t-il possible de s'en défaire ? Rien n'est moins sûr.

Jean-Philippe Accart

La Société d’exposition. Désir et désobéissance à l’ère numérique, de Bernard E. Harcourt, traduit de l’anglais (États-Unis) par Sophie Renaut, coll. La Couleur des idées, éd. du Seuil, 336 p.
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