Analyses d'ouvrages

2006: L’Information - communication, objet de connaissance

51da67je03l__aa240_Bernard Miège. - Bruxelles: De Boeck & Larcier; Bry-sur-Marne: INA, 2004.

Faut-il présenter Bernard Miège ? Professeur de sciences de la communication à l'Université Stendhal Grenoble 3, B. Miège est l'auteur de nombreuses publications sur les rapports entre communication, techniques et sociétés. Il réunit ici une vingtaine de contributions publiées (ou inédites) entre 1989 et 2004, réparties en quatre chapitres et qui permettent de suivre l'évolution de ses travaux.

« Penser la relation Information-Communication » (1) regroupe essentiellement des textes sur la communication et replacent cette notion dans le contexte hautement « techniciste » ou « technicisé » dans lequel nous vivons : elle est multi-dimensionnelle, elle « s'industrialise » au même titre que l'information. L'auteur pose deux questions essentielles : a-t-on véritablement affaire à une révolution informationnelle ? Les moyens d'information et de communication sont-ils à l'origine d'une déterritorialisation des activités humaines ? La mondialisation, terme tant décrié, reste un défi pour les citoyens que nous sommes : cela revient bien entendu à parler du travail, du travail en réseau, de la société de l'information en général. Pour B. Miège, les changements qu'apporte la technologie, aussi importants soient-ils, confortent plutôt le mode de production dominant où la communication s'insère de plus en plus.

« A la recherche des logiques sociales de la communication » (2) aborde des thèmes divers tels les industries culturelles, le communicationnel et le social, l'économie politique de la communication. « En référence à une théorie de l'action » (3) évoque différents aspects du concept d' « espace pubic » confronté à l'essor de la communication : peut-on toujours parler d'espace public dans les sociétés démocratiques occidentales ?

« Plaidoyer (réaffirmé) pour l'interdisciplinarité et les méthodologies correspondantes » (4) est une défense de la recherche critique. Bien que la recherche en communication occupe une voie étroite, les sciences de l'information et de la communication présentent l'avantage de pouvoir appliquer des méthodologies inter-sciences, avec des problématiques transversales. L'auteur ne livre pas de réelle conclusion à cet ouvrage, estimant qu'il retrace plutôt un parcours intellectuel d'une quinzaine d'années, constituant une étape et un « moment de clarification ».

Bernard Miège est certainement un des « maîtres à penser » de la communication en France à l'heure actuelle. Ce livre est un bon exemple de sa démarche intellectuelle qui refuse toute théorie générale de la communication. Il est une bonne synthèse des idées directrices qui sous-tendent sa pensée de manière générale.

Critique parue dans Documentaliste, sciences de l'information, 2006, vol. 43, 3-4, 253-254

Cop. JP Accart, 2007

 

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