Analyses d'ouvrages

2010 : Les Learning centers

Les Learning centres : un modèle international de bibliothèque intégrée à l'enseignement et à la recherche / Suzanne Jouguelet ; Inspection générale des bibliothèques. - Paris : Ministère de l'Enseignement
supérieur et de la Recherche, décembre 2009. - 58 p. - (Rapport 2009-022)


Le learning centre, un concept d'avenir

Il n'est pas inutile de revenir sur la notion de « learning centre » et ce rapport de l'Inspection générale des bibliothèques, en à peine soixante pages, synthétise parfaitement ce concept. Notion récente (elle est née en 1996 à l'université de Sheffield Hallam en Grande-Bretagne), elle allie un lieu architectural novateur et un ensemble de ressources et de services - souvent à distance. Elle peut représenter une partie de la bibliothèque ou l'englober, l'accent principal étant mis sur les services à l'utilisateur. Devenu un modèle synonyme de modernité et de technologie, le concept se retrouve principalement en milieu universitaire, mais aussi en bibliothèque publique, à l'instar de celle de Birmingham.


L'expression learning centre n'ayant pas vraiment de traduction en français (ou alors des traductions multiples), elle s'impose finalement d'elle-même, mais il est nécessaire de la définir. Comment se caractérise un learning centre ? C'est un lieu qui offre plusieurs types de ressources : documentaires, pédagogiques, sociales, culturelles (l'exemple du Rolex Learning Centre à l'École polytechnique fédérale de Lausanne est à ce titre frappant : les étudiants l'ont complètement adopté et ce lieu connaît une fréquentation record). Ces ressources sont en réévaluation constante afin d'être exactement adaptées aux besoins des utilisateurs.

L'aspect « ressources humaines » est une autre clé pour la réussite, car des compétences professionnelles de haut niveau sont le plus souvent requises pour y travailler. Les mots-clés suivants se déclinent alors : utilisateur au centre, polyvalence, qualifications, liens étroits entre professionnels de l'information et enseignants, ce dernier point constituant véritablement un plus.

À ces caractéristiques s'ajoute l'accent mis sur l'architecture du learning centre, souvent emblématique : dans le cas d'un bâtiment entier à réaliser, un concours international peut être lancé car les projets sont parfois soutenus par un mécénat privé (c'est le cas du Rolex Learning Centre déjà cité, avec le concours remporté par le bureau d'études japonais SANAA). Cela peut ne concerner qu'une partie d'un bâtiment à rénover (un étage), là aussi avec succès. Espaces réaménagés et dégagés, clarté, visibilité caractérisent ces projets, avec une meilleure orientation des utilisateurs et donc une signalétique adaptée. Rendre le lieu le plus agréable possible es une préoccupation majeure, avec des zones différentes selon les activités.

Qu'en est-il de la situation en France ? Le concept commence à se répandre suite à la mise en place du plan « Réussir en licence » et diverses autres mesures (extension des horaires d'ouverture des bibliothèques, enquêtes de satisfaction auprès des usagers) : à la BU Sciences de l'Université Paul Sabatier de Toulouse ; dans les universités Lille 1 et Lille 3 ; à Paris également.

Toutes les caractéristiques décrites précédemment qualifient les learning centres : on remarque une forte adéquation entre les besoins du public et la structure mise en place, un soutien réel à l'acquisition des connaissances (lien étroit avec les enseignants, offres de services à distance). Loin d'être irréel ou inconsistant, ce concept commence à prendre forme et à s'inscrire dans le paysage actuel des bibliothèques et de la documentation.

Jean-Philippe Accart

cop. 2011

Critique parue dans Documentaliste, sciences de l'information, 2010, vol. 47, 4, 75.



 

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