Communications

2000 - Journée technique AFTPVA-Rhône-Alpes - 22 juin 2000

Internet : booster de la R&D "L'utilisation d'Internet dans la recherche"

Journée technique AFTPVA - 22 juin 2000

L'accueil d'Internet en France

L'accueil d'Internet en France est favorable et même excellent. Le trafic de RENATER, réseau national de la recherche en France, augmente de 15% chaque mois (aux Etats-Unis, celui de la National Science Foundation de 20% par mois). Cela s'explique par le fait que tous les utilisateurs ayant goûté au moins une fois aux outils de l'Internet, sont demandeurs, leur efficacité les rendant vite indispensables. Il existe au moins trois mécanismes de diffusion de l'intérêt pour Internet :

  1. dans les sciences exactes, l'Internet est entré dans les moeurs, toutes les générations de chercheurs et d'enseignants l'utilisent. Ce type de communication devient incontournable,
  2. dans les autres domaines, le contact avec l'étranger est le déclencheur, soit dans le cas du chercheur qui revient des Etats-Unis, soit dans celui du chercheur qui accueille un collègue étranger,
  3. les actions incitatives et la pression de la communauté.

Une communauté scientifique branchée

Enseignants et chercheurs travaillant sur les grands campus sont facilement reliés au Réseau. La diffusion est plus difficile dans les disciplines où les unités de recherche sont petites et et disséminées. Un effort de diffusion est donc fait vers les chercheurs isolés. Actuellement RENATER offre une connectivité à haut débit aux campus et le ministère de la Recherche (MENSR) souhaite que tous les chercheurs soient reliés.

Un frein à l'usage de cette technologie persiste cependant par le rejet de l'utilisation du clavier dans une certaine frange de la communauté.
Il n'y a donc pas de réponse uniforme à la connexion du monde de la recherche à Internet : les physiciens sont largement raccordés, d'autres communautés telles la biologie et les sciences de l'homme et de la société le sont un peu moins.

Internet permet ainsi au chercheur, à l'ingénieur d'accéder librement aux mêmes sources d'information, car la diffusion est horizontale. Ce sont des ressources d'usage rare que l'on ne pourrait se payer seul.

Le rôle des bibliothèques universitaires et des centres de documentation est prépondérant en matière d'appropriation de l'usage d'Internet par les chercheurs et les étudiants. Ils jouent un rôle moteur et ont rôle de formation et de conseil important.

L'organisation des universités est elle-même bouleversée par l'arrivée d'Internet, car le numérique traverse toutes les activités de l'université, notamment avec la mise en place des Intranets.

Les avantages de la diffusion horizontale

Deux exemples :

  • dans un laboratoire, un pré-rapport est diffusé via un serveur. Instantanément, tous les collègues sont au courant. C'est une avancée importante car la discussion scientifique est immédiatement lancée et le gain de temps obtenu est considérable.
  • Internet permet également de partager les moyens de calcul à un niveau mondial : on peut ainsi accéder aux données diffusées par la NASA et la NSF. Les mêmes moyens sont à la disposition de toutes les équipes.

Le principe de l'échange d'information préside depuis longtemps dans la communauté scientifique internationale d'où le succès rencontré par Internet. C'est par l'échange que fonctionne et se développe Internet : par exemple, les collaborations sur la physique des hautes énergies et dans le domaine spatial ont justifié les premières liaisons entre les Etats-Unis et l'Europe. Actuellement, les pays de l'Est obtiennent par Internet des informations et des programmes qui les aident à acquérir une place sur le marché mondial.

Inconvénients d'Internet pour le chercheur

Internet peut devenir une occupation à plein temps pour le chercheur : il est facile de devenir professionnel du réseau, de lire les informations, répondre au courrier, s'inscrire à des forums de discussion. Le problème majeur rencontré est la gestion du temps et de l'information.

La publication scientifique électronique

Beaucoup de questions se posent à l'heure actuelle sur la diffusion de l'information scientifique par les réseaux de l'information : que deviendront les revues scientifiques habituelles ? Comment assurer les droits des auteurs et des éditeurs ? Va-t-on vers des publications scientifiques uniquement électroniques ? Des problèmes juridiques et éditoriaux difficiles se posent, mais on ne peut refuser cette évolution. Il existe déjà de nombreuses revues scientifiques électroniques, certaines existent à la fois sur papier et en mode électronique. L'abondance de l'information oblige cependant à faire du tri et à sélectionner. Le réseau facilite la circulation d'informations non validées, non signées qui vont à l'encontre des systèmes d'évaluation. Pour le moment, la publication électronique n'est pas reconnue dans une carrière de chercheur.

L'étude "Usage du document numérique" menée par l'ENSSIB

Cette étude a été menée de mai à septembre 1999 par les Universités de Lyon 3, Lyon 1 et Jussieu. On retrouve quelques éléments déjà énoncés précédemment à savoir qu'il y a actuellement une banalisation du réseau, les résistances sont de plus en plus faibles et que le phénomène touche toutes les disciplines. Le 1er service d'Internet le plus utilisé est sans conteste la messagerie qui permet au chercheur d'alimenter le "collège invisible". Dans une majorité de cas, l'appropriation de l'outil Internet est réelle avec notamment la numérisation de pages et la recherche en plein-texte d'informations.

  1. les points négatifs :

    • la lecture sur écran dématérialise le document,
    • la navigation sur le réseau est fatiguante. C'est un des points faibles du numérique,
    • la relation enseignant-enseigné change, même si l'on ne remplace pas la pédagogie par des machines,
    • le numérique est coûteux en termes financier (matériels et logiciels à faire évoluer) et de temps (conception et usage). Le numérique serait plus coûteux que le papier,
  2. les points positifs :

    • le traitement de l'image (en archéologie, en géographie, en médecine) est facilité, ainsi que son utilisation en pédagogie et son stockage,
    • le traitement des données également : en économie, mathématique, physique, statistique,
    • optimisation des moyens bureautiques et de communication.

La remarque commune est qu'un service électronique n'est réellement efficace que quand on peut accéder à une collection large de documents et que celle-ci soit organisée, comme dans une bibliothèque. L'information sur les réseaux doit donc être organisée pour que les utilisateurs et chercheurs puissent y accéder facilement. Certains organismes, la plupart instituionnels, mettent en place des portails ou des plates-formes d'information afin justement de faciliter l'accès à l'information scientifique. Ces plates-formes se présentent sous forme de listes thématiques qui regroupent différents types d'information :

  • des bases de données bibliographiques pour la recherche de références,
  • des document en plein-texte : rapports, mémoires,
  • des revues électroniques,
  • des listes de discussions,
  • des forums de discussions,
  • des moteurs de recherche spécialisés.

Ces portails sont la nouvelle tendance actuelle sur Internet : ils existent en sciences sociales, en médecine notamment.

En forme de conclusion, Internet présente des avantages certains pour les chercheurs à l'instar de tout utilisateur d'Internet : l'échange d'information dans une même discipline, le courrier électronique, l'accès à distance à des masses d'informations, la possibilité de travailler à distance en réseau, de travail coopératif. Internet est donc le prolongement, l'amplification du phénomène d'appartenance à une même communauté scientifique, locale régionale, nationale et internationale.

Cop. Jean-Philippe Accart, 2002.

 

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