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2013 - IFLA Singapour

IFLA WLIC Singapore 2013

2 comptes rendus publiés:

1. «  IFLA 2013. Les bibliothèques au futur : d’infinies possibilités », Bulletin des bibliothèques de France, t. 58, n° 6, p. 71-72

 

2. “ L’Ifla éclaire le monde des bibliothèques », Archimag, 268, oct. 2013, p. 38-39

Les cérémonies d’ouverture des conférences annuelles de l’IFLA font toujours l’objet de multiples conjectures par rapport à ce qu’elles mettent en avant du pays hôte : en août dernier, les congressistes ont eu un aperçu de la culture singapourienne avec une série de performances multi-ethniques et notamment une danse du dragon (50 mètres de long éclairé au LED) ; les rythmes d'un ensemble de percussions traditionnelles et modernes ; une danse du lion avec un message de bienvenue dans les quatre langues officielles de Singapour (l'anglais, le mandarin, le malais et le tamoul).  Mme Elaine Ng, présidente du Comité national d’organisation de l'IFLA 2013, a annoncé la présence de 3 750 délégués venus de 120 pays, autour du  thème "Les bibliothèques du futur : des possibilités infinies». Dans son discours de bienvenu, le Pr Yaacob Ibrahim, ministre des Communications et de l'Information de Singapour, a indiqué que « si Google lui apporte des milliers de résultats, le bibliothécaire lui donne la réponse attendue ». A Singapour, les bibliothèques sont nettement favorisées – avec comme tête de file la célèbre bibliothèque nationale The National Library Board of Singapore [1] dont le bâtiment en centre ville est impressionnant. Au-delà de la promotion de l'alphabétisation, les bibliothèques répondent à des demandes de publics ciblés : les enfants et leurs parents, les jeunes, les seniors, mais également les décideurs et les entrepreneurs. Elles sont développées en réseau, avec une exigence de proximité et d’accessibilité au public, et se répartissent selon des thématiques propres (la musique, la culture chinoise…).

Un moment fort : le lancement du rapport IFLA Trends

Le 19 août, la présidente en exercice de l'IFLA Ingrid Parent et la secrétaire générale Jennefer Nicholson ont lancé le Rapport IFLA Trends, lequel traite des grandes tendances façonnant l'environnement mondial de l'information. Ce n’est pas un nième rapport sur les bibliothèques, il se situe dans le monde actuel en identifiant quelques grandes tendances, la manière dont celles-ci s'entrechoquent les unes avec les autres, et les impacts qui en résultent pour bibliothèques. Cinq grandes tendances sont ainsi analysées : le rôle des technologies et leurs effets (positifs et négatifs) ;  l’éducation en ligne ;  la redéfinition des frontières entre vie privée et vie publique ; la société hyper-connectée ; l’impact des technologies sur l’environnement informationnel.

Ce rapport de tendances présente un autre intérêt, celui d’être collaboratif avec un forum de discussion, point d'entrée permettant d'échanger sur les perspectives des bibliothèques. L’IFLA souhaite que les discussions sur le rapport de tendances se poursuivent aux niveaux local, national et régional. Cela peut prendre la forme d'ateliers, de séminaires, de discussions en ligne, de blogs, d'interviews.

Plus largement encore, le rapport de tendances intégrera dans le futur les contributions des adhérents de l'IFLA  avec le travail qui est fait dans les comités des 45 sections et groupes d’intérêts, avec les partenaires stratégiques, les décideurs, ou avec d'autres associations non gouvernementales, ainsi que dans le cadre de discussions plus larges à propos de la politique numérique.

Voir : http://trends.ifla.org


[1] http://www.nlb.gov.sg/

Un dépôt d’information bientôt incontournable : The IFLA Library

The IFLA Library ou Bibliothèque de l’IFLA est un des derniers projets d’envergure de la Fédération qui devrait présenter un grand intérêt pour l’ensemble des professions de l’information : il s’agit de déposer sous format EPrints dans un seul et même réservoir d’information l’ensemble des publications émises par l’IFLA, des textes présentés durant les conférences (entre 150 et 200 conférences, sans compter les réunions satellites ou celle de l’IFLAcamp) qui seront enregistrés de manière rétrospective, mais également l’ensemble des recommandations, règles, et normes produites. Interviewée, Genevieve Clavel-Merrin, présidente du groupe de travail, nous a fait part de son enthousiasme : "Les membres du groupe de travail du projet sont tous ravis de le voir devenir une réalité. La bibliothèque de l'IFLA permet à l’IFLA de partager, gérer et archiver ses documents, et j'ai hâte de le voir grandir et s'épanouir. » Actuellement, 300 documents ont été déposés. En lien direct avec la politique Open Access et Copyright,  les auteurs de documents ont accepté de travailler sous licence Creative Commons. Cette licence permet à l'IFLA de faire des copies des documents disponibles dans son référentiel et donc la diffusion la plus large possible et l'utilisation des documents. Après le Congrès de 2013, les présentations sous forme de diapositives seront également disponibles. Le contenu de la Bibliothèque de l’IFLA sera référencé dans Google et Google Scholar. Il est prévu d’améliorer progressivement et de développer la plate-forme de la bibliothèque de l'IFLA. Celle-ci est disponible depuis la page d'accueil de l'IFLA et est également liée au programme du SMSI (Sommet mondial sur la société de l‘information).

Voir : http://library.ifla.org  

Une conférence dans la conférence : IFLAcamp

Le Groupe d’intérêt des Nouveaux professionnels de l’IFLA [1] s’est réuni  avant la conférence officielle, l’IFLAcamp et ce, pour sa deuxième édition. C’est un rassemblement satellite de deux jours, sur le mode d’une conférence participative comme il en existe de plus en plus pour se démarquer des conférences officielles : il propose des espaces pour des sessions ad-hoc et des groupes de discussion. L’approche participative permet une implication de tous les participants autour de sujets variés. Reprenant le concept du Barcamp, chaque participant est encouragé à proposer sur place des sujets et à s’impliquer activement lors des sessions. Un programme est établi chaque matin avec l’ensemble des participants. Furent ainsi débattus des sujets aussi variés que les réseaux sociaux, l’infobésité ou les données personnelles.

Page Facebook : https://www.facebook.com/npsig


[1] Outre les 45 sections qui composent l’IFLA, un certain nombre de groupes d’intérêts ont vu le jour dont celui des Nouveaux professionnels. Un nouveau groupe a été créé cette année, celui sur les Genres en bibliothèques. Si leur succès est avéré (en nombre d’inscrits au Groupe), ceux-ci peuvent obtenir le statut de section, ce qui fut le cas du groupe Knowledge Management.

Et la langue française ?

Si l’IFLA a lancé cet été la version française de son site avec http://www.ifla.org/FR et si le journal quotidien de la conférence de l’IFLA dispose de sa version française (http://express.ifla.org/node/6242), la prédominance de l’anglais reste une des préoccupations du comité français pour l’IFLA (dont le nom est maintenant : CFIBD http://leblogducfi.over-blog.com/)  avec la défense du multilinguisme et la délivrance de bourses afin de parrainer la venue de professionnels.

La langue française est également représentée par l’Association francophone des bibliothécaires et documentalistes (AIFBD – http://www.aifbd.org) qui tient son assemblée générale durant la conférence annuelle de l’IFLA. Outre des bourses pour les francophones, un site Internet, une liste de discussion Bibliodoc (http://bibliodoc.francophonie.org/), l’AIFBD encourage la traduction française des textes des conférences IFLA. Elle a annoncé la tenue de son prochain congrès en 2014, du 3 au 25 août à Limoges sous le thème « Francophonies, bibliothèques et confluences ».

En conclusion

Durant 6 jours à Singapour, 224 sessions ont eu lieu, nombre de réunions satellites et de rencontres informelles se sont tenues, l’annonce de Cap Town comme ville accueillant la conférence en 2015 fut faite, et Sinikka Sipila (Finlande)  [1] débuta officiellement  son mandat de nouvelle présidente de l’IFLA pour les prochaines deux années. La séance de clôture fut l’occasion de présenter un certain nombre de prix annuels. Notable parmi eux était le prix de « Meilleur Poster » à Shiho Suzuki (Japon) pour son poster intitulé «The Librarians of Fukushima, » [2] face aux conséquences de la catastrophe nucléaire de 2011. Il fut aussi question du droit de l’information et du droit d’auteur avec le récent traité de Marrakech [3] qui est une étape importante pour les bibliothèques. Le traité prendra effet lorsque 20 pays le ratifieront avant 2014. Il mettra en place des dispositions pour les personnes ayant une déficience visuelle, soit 285 millions de par le monde.

Le prochain grand rendez-vous des professionnels de l’information aura lieu en 2014, du 16 au 22 août à Lyon, avec pour thème : « Bibliothèques, citoyens, sociétés : confluence du savoir ».

 


[1] Voir son profil et son plan d’action : http://www.ifla.org/governing-board/elections/president-2011/sinikka-sipila

[2] Voir : http://www.ifla.org/professional-committee/awards/poster-session

[3] Voir : http://www.ifla.org/node/7811

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