Edito du mois

Edito 155, décembre 2023 : Bibliothèques et personnes LGBTQIA+

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Nous sommes à une époque où les identités sexuelles et les genres s’affichent de manière plus affirmée qu’auparavant. De nouveaux publics sont désignés sous le sigle LGBTQIA+ qui reprend les termes Lesbienne, Gay, Bisexuel(le), Transgenre, Queer, Intersexe, Agenre ou Asexuel(le). Le signe « + » fait référence à toutes les identités, les orientations, les expressions non représentées dans le sigle, à toutes les autres réalités.

En tant que service public, les bibliothèques n’échappent pas à ces tendances, elles sont les premières à le constater, qu’elles soient bibliothèques publiques, universitaires ou spécialisées. Ce sont dorénavant des populations à prendre en compte aussi bien au niveau de l’accueil des publics en général, que par rapport aux questions qu’elles peuvent être en mesure de poser, ou des collections à mettre en place : les publications en la matière sur ces sujets sont très nombreuses aussi bien dans la littérature générale, qu’enfantine ou en sciences humaines et sociales, ainsi qu’en bandes dessinées. Le cinéma, la télévision et les séries ne sont pas en reste. Hormis l’accueil et les collections à destination de ces publics spécifiques, les prestations offertes par les bibliothèques doivent intégrer cette nouvelle donne, notamment par rapport aux animations : récemment, des animations ont été conçues dans des bibliothèques enfantines autour de la venue d’une personne dite « drag-queen » pour l’heure du conte. L’idée bien sûr est que les enfants prennent l’habitude d’être confrontés à toutes sortes d’invidualités.

Cependant, certains pays ou municipalités ne sont pas bienveillants envers ces populations, bibliothèques et ouvrages sont alors visés par des mesures de bannissement voir de censure. Cela concerne des pays ou des villes gouvernées par des partis à tendance autoritaire, voire d’extrême-droite : ce fut le cas dans le sud de la France, et très récemment aux Etats-Unis où le mouvement « banned books » (livres bannis) a pris une dimension nationale. Les bibliothécaires américains ont alors réagi assez fortement. La conférence internationale des bibliothèques tenue annuellement par la Fédération des bibliothèques ne tiendra finalement pas son rendez-vous en 2024 à Dubaï car le programme de la section LGBT n’aurait pas pu avoir lieu. Il reste donc à espérer que ce type d’interdits ne se généralise pas dans le futur, au détriment d’une population souvent exclue, ignorée ou mise de côté.

Jean-Philippe Accart

Bibliographie
- BiblioGironde, « L'accueil des personnes LGBTQIA+ en bibliothèque », 2023, [en ligne], adresse URL : https://biblio.gironde.fr/laccueil-des-personnes-lgbtqia-en-bibliotheque, [consulté le 30 novembre 2023].
- Donnezan, Flora. Faire sortir les collections LGBTQ+ du placard : un enjeu pour les secteurs jeunesse. Université de Lyon, 2019, mémoire de master. [en ligne], adresse URL : https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/69309-faire-sortir-les-collections-lgbtq-du-placard-un-enjeu-pour-les-secteurs-jeunesse.pdf [consulté le 30 novembre 2023].

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